« Quatre mains pour un zodiaque chinois »
Vendredi, 2 juillet 2010
Le mardi 29 juin 2010 a eu lieu le vernissage de l’exposition « Quatre mains pour un Zodiaque Chinois » mettant en scène des toiles de l’artiste français Jean Dolande et de son homologue d’origine roumaine, Rody, dans la Galerie Lipao-Huang. Comme le titre de l’exposition l’indique clairement, les œuvres présentées sont le fruit d’une étroite collaboration entre les deux artistes. De retour de l’Exposition Universelle de Shanghai où ils ont exposé pour le pavillon français, ces derniers nous offrent une vision personnelle et occidentale d’un sujet hautement symbolique et d’une grande importance dans la culture chinoise.
Il existe plus
ieurs variantes de la légende des douze animaux du zodiaque chinois permettant d’expliquer leur place respective dans le calendrier, selon leur physionomie et leur caractère. Mais il est toujours question d’une course pour rejoindre le palais de l’Empereur de Jade, à la demande de ce dernier. Après de nombreuses luttes entre les différents protagonistes, l’ordre suivant fut finalement établi : le rat, le bœuf, le tigre, le lièvre, le dragon, le serpent, le cheval, la chèvre, le singe, le coq, le chien et le cochon qui se partagèrent alors le cycle duodécimal du calendrier chinois.
Douze toiles pour douze signes astrologiques, mêlant figuration et abstraction, voilà ce que nous propose la Galerie Lipao-Huang jusqu’au 31 juillet 2010. Sur des fonds monochromes alternativement rouges, blancs et noirs, se détachent les figures animales colorées de Rody qui se fondent plus ou moins dans un décor abstrait où les coulées de peintures amalgamées conservent la trace de la main de Dolande.
A cette série installée dans la première salle de la galerie s’ajoute, dans la salle attenante, un parcours original instauré par Dolande, composé de six toiles couplées à six sculptures par le biais d’un châssis métallique et intitulé « Red Line ». « Red Line » ou la ligne rouge que l’homme transgresse, bafoue à de nombreuses reprises et que l’artiste tend à dénoncer à travers son installation. Sujets tristement d’actualité, la famine, la pédophilie, le génocide, le sida, la libération de la femme ou encore la pollution, nous sont présentés par des sculptures en résine, émergeant de la cuvette de toilettes, le tout surmonté d’une toile abstraite. Le noir profond, et surtout le rouge sang, sont les deux couleurs qu’utilise Dolande pour recouvrir intégralement ses assemblages. La vivacité de la touche abstraite combinée à l’intensité des couleurs, ainsi qu’à la violence des thèmes illustrés interpellent les sens, oppressent et dérangent les spectateurs en les mettant face à leurs propres doutes et échecs. « Red Line » pousse à la réflexion sur l’avenir de la société, de l’homme et de la planète, et à la remise en cause des actions de chacun d’entre nous, dans l’espoir d’aboutir à une prise de conscience de la situation actuelle. Dolande dénonce les fléaux de l’humanité qui, à trop transgresser les limites, court à sa perte. Dans la seconde salle de la galerie la tension et la chaleur sont palpables ; on se croirait presque en enfer.
C’est sous la forme d’une septième cuvette de toilette – de couleur blanche cette fois-ci – débordant de boules d’une couleur identique figurant les « atomes de vie », qu’apparait la rédemption de l’homme. En effet, à l’image de Jean Dolande lors de sa performance le soir du vernissage, démolissant ce dernier assemblage à l’aide d’une masse couleur rouge sang, libérant ainsi les « atomes de vie », l’homme peut prendre en main son existence et briser les chaines qui l’entravent. Il est intéressant de noter la confrontation entre la dénonciation de l’action destructrice de l’homme à travers les six assemblages rouges, la passivité du spectateur assistant à la démolition du septième et l’action de l’artiste. A la suite de cela, il ne s’agit plus pour le spectateur d’être passif ou actif dans sa propre destruction, mais de devenir acteur de son salut.
Florianne Le Thiez Carotenuto


