Artistes : Marc Riboud et Wu Jia Li
Du 23 novembre au 24 décembre 2008
Deux artistes d’exception, deux regards croisés, celui de Marc RIBOUD, grand reporter amoureux de la Chine, et celui de WU Jia Lin, ami de longue date, authentique “collectionneur de bonheur”, qu’il invite à se joindre à lui, après avoir ensemble déjà exposé, à New York, et dans les lieux les plus prestigieux.
WU Jia Lin par Marc RIBOUD en 2003:
“Notre première rencontre, il y a bientôt dix ans, fut pour moi une première surprise, belle et silencieuse. Il entra dans ma chambre sans prononcer un mot. Il étala sur mon lit des petites photos légères comme des plumes.
Émerveillé, je fis un choix. Il ramassa les photos avant qu’elles ne s’envolent et s’en alla aussi courtoisement qu’il était entré. Sans langue commune, dès ce jour, nos échanges, toujours silencieux, restèrent intenses. L’oeil, le plaisir de l’oeil remplaçaient les paroles.
Les photographes que j’aime sont des collectionneurs de bonheur.
Et la collection sous vos yeux est particulière, gardez-la précieusement.
Dans ces images vous ne trouverez ni laideur ni monstres, ni violences ni photos choc qui font vendre les magazines. Mais souvent des surprises, de l’humour et même du surréalisme. Il décèle ces surprises dans la réalité, dans la vie.
Il ne met pas en scène. Il ne fabrique pas ses images. Il ne triche pas.
Comme les vrais artistes, Wu ne prétend pas en être un. Il ne parle pas d’art ou de création. Pourtant il a un style bien à lui. C’est là le signe de l’artiste.
Il met sans cesse un acharnement dans son travail pour photographier toujours plus, toujours mieux.
Il est un passionné, un solitaire, farouchement indépendant.
Il aime son pays, il aime sa province et surtout les montagnards du Yunnan.
Il connaît leur pauvreté. Il montre leur dignité. Pour lui, où qu’il soit, respecter ceux et celles qu’il photographie est aussi important que d’obtenir une bonne photo. Les montagnards le ressentent ainsi. En retour, ils aiment Wu, on le sent sur ses photos. Il aime les gens, les enfants comme leurs grands-mères. Il se mêle à eux comme s’il faisait partie d’une même et grande famille. Il aime surtout les animaux, presque omniprésents dans ses photographies comme si, sans eux, notre monde serait incomplet, privé d’une part de sa beauté, de sa bonté.
Comme ces paysans, Wu laissera aussi sans le savoir, une trace qui s’élargira au fil du temps. Celle d’un humaniste d’avant-garde“.