Paris-Pekin Art Beijing Fair 26/30 Avril À Pekin


Artistes : Alexandre Raykoff, Diana Lui, Klavdij Sluban, Marc Riboud, Patrick Robert, Véronique Guerrieri

Du 6 mai au 23 mai 2009

VÉRONIQUE GUERRIERI. “Engagée par nature”

Cette « artiviste » a parcouru le monde.
Qu’elle ait réuni les grands artistes de sa génération ou réalisé ses propres créations, commissaire d’exposition ou créatrice, elle s’est toujours engagée au service de l’art.
Sculpteur insatiable, elle crée des pièces aux lignes voluptueuses qu’elle absorbe du monde qui l’entoure; femmes callipyges, égéries contemporaines aux formes généreuses, mémoires de nos « génia -les quadrisaïeules », femmes voilées exclues du monde par les talibans, auxquelles elle accorde un regard humoriste et engagé, accumulations et structures organiques et sensuelles.
C’est en 1994 qu’elle se lance publiquement en aidant l’artiste Arman à réaliser à Beyrouth la plus grande sculpture au monde (32 mètres). Poussée par la profession, elle enchaînera les expositions, pour arriver en 2008 avec son travail de sculptures en résine sur le thème de l’enfant unique. Présenté la même année à Shanghai et au Japon, ce BB King, « Baby King », enfant roi promu centre de la société chinoise, est un personnage stoïque, fessu et sûr de lui. Il trône, règne sur la Chine, imperturbable et sans âge.
Sa rondeur impassible n’en révèle pas moins son pouvoir actuel et futur, son couronnement d’humain imperméable à l’Autre.

ALEXANDRE RAYKOFF. “Transmutation et quête intérieure”.

Quelque chose de fragile émane de ses créations, de l’ordre de la grâce des instants ténus où se tissent et s’unissent les altérités.
Alexandre Raykoff exprime que « Dieu est à l’intérieur de Nous » et nourri de pureté et de beauté, imprégné d’une histoire de Russes blancs, de mémoires orthodoxes et de migrations, de corps malmenés, cet artiste prolifique reconstruit du lien:
Entre les hommes, regardeurs ou acteurs, entre ses créations et leur public, entre les objets devenus expressions de différences et de rapprochement. Par l’utilisation de matériaux pauvres, de rebuts sublimés par le regard et le geste qu’il, (qu’on) leur accorde. S’il faut mourir à soi-même pour renaître au monde, ainsi en est-il de ses objets de vie, créations insatiables et sans limite autre que le faire et le cœur. Notion de sacré, de secret, il ne dit pas ou si peu, il laisse parler les œuvres, dans le silence de leur élaboration, dans le silence de leur conception.
Sculptures, tableaux, objets divers se rejoignent dans un jeu infini de combinaisons sensibles et improbables; le précieux de la pierre fusionne avec la rouille du métal, la fluidité du sable et l’organique avec la matière inerte.
De tout cela émerge une création fertile dont la générosité n’a d’égal que sa richesse et son extrême pureté.

DIANA LUI. “De coeur à coeur, Je suis l’Autre”

Elle travaille avec un vieil appareil à grande chambre.
Elle a un rapport à la photographie que beaucoup qualifient de masculin, en ce qu’elle utilise un matériel lourd, puissant, loin des légèretés numériques, pourtant ses images ont une acuité et un sens de l’essentiel, un équilibre fragile entre la dureté et la tendresse, dégageant une forme de quiétude énigmatique.
Elle a exposé aux Etats-Unis, en Asie et en Europe.
Les photographies présentées lors de cette exposition sont extraites de son installation “Medusa” et ont été présentées au Musée des Beaux-Arts de Shanghaï et à PhotoBeijing.
Dans l’histoire de la photographie, le travail de Diana Lui est comparé aux portraits du peuple allemand réalisés par Auguste Sanders, mais ses visages s’ils en ont la subtilité et le réalisme, sont imprégnés d’une sensitivité et d’un lyrisme tout à fait personnels.


« Dans mes portraits, je suis à la recherche de l’intimité. Je cherche à pénétrer le monde intérieur des personnes que je croise dans ma vie. Ce n’est pas du voyeurisme car je participe activement dans cet échange avec un esprit ouvert et vulnérable. Par la photo, je tente de comprendre l’autre. Au-delà, je cherche à me comprendre au travers des autres, par l’accueil qu’ils me réservent, dans leur regard voilé et dévoilé, silencieux.
Le calme et le silence qui nous entourent lors de cet échange sont chargés d’intensité.
Je me sens imparfaite face à ce moment de pureté et de confiance absolue.
Je me reconnais. Je me retrouve. Je voudrais simplement retourner à moi-même, en participant à cette intimité. Se dévoiler, dévoiler leur corps, leurs yeux, leurs gestes, c’est leur manière à eux de dire, sans prononcer les mots: « je t’aime » et « je te reconnais ». Donc j’existe. »

KLAVDIJ SLUBAN. “Photographe voyageur”.

Après une enfance en Slovénie, il se passionne pour la photographie dès l’adolescence.
Il obtient une maîtrise de littérature anglo-américaine, effectue un stage de tirage noir et blanc dans l’atelier de Georges Fèvre, puis voyage. En 2000, il gagne le prix Niepce, et en 2004, le prix Leica. Cet artiste nomade développe un travail très singulier, principalement en noir et blanc, au plus près du réel. Silhouettes noires intenses, éclairages en contre champ, ses prises de vue donnent à ses images, une atmosphère particulière, une sensation de précision, de rigueur et de sobriété. Il s’intéresse aux espaces clos, aux horizons restreints, a travaillé dans les prisons avec le support d’Henri Cartier Bresson, dont il a hérité du concept de “l’instant décisif” et avec Marc Riboud et William Klein. Puis il a continué dans les centres de détention et les camps disciplinaires, développant un lien réel avec ses sujets, partenaires de son acte artistique et engagé.
Ses images présentées à la galerie Lipao-Huang ont été prises en train, le long de la Mer Noire.
Mystère, poésie, solitude, ces clichés évoquent l’univers d’Anton Tchekov, les longs voyages en Transsibérien, un temps révolu et pourtant gravé dans nos mémoires un peu nostalgiques.

MARC RIBOUD. “L’amoureux de la vie…”

Cet artiste, grand reporter, photographe, n’est plus à présenter; fidèle à la Galerie où il a exposé il y a quelques mois ses clichés avec son ami Wu Jia Lin; il nous a confié un “Vintage”, et, pendant sa rétrospective au Musée de la vie romantique”, réserve à la Galerie, la vente de ses œuvres.
Cet inlassable voyageur collecteur de mémoires et d’émotions photographie la beauté, l’espoir, l’utopie et confesse aussi “ses passions pour de nombreuses causes”.
Dans un monde qui court après l’éphémère, il arrête le temps et dans une empathie extrême, nous offre son regard sensible et sa foi en l’humain. Il parle musique, sensualité, instantanéité, réalité. C’est un monde à notre portée qu’il décompose en une infinité de planches contacts recelant d’infinis trésors. En se mettant simplement à l’écoute, il fait surgir devant nos yeux devenus trop rapides, l’impermanence, la fragilité, la grandeur de l’humain et la majesté du silence des paysages qui nous entourent. Cet homme intense, humble et sensible sait donc reconnaître l’Autre.
Toute sa vie d’homme et de photographe reporter en témoigne. Son œuvre visuelle en est un legs précieux.

PATRICK ROBERT. “Aux portes du monde réel”

Laissons-lui la parole….

“Je suis journaliste, reporter photographe.
Je fournis aux magazines de l’information par l’image depuis 27 ans. Aujourd’hui je suis indépendant et l’agence Corbis distribue mes reportages dans le monde. Je choisis mes sujets, et la plupart du temps, je prends seul l’initiative de partir. Toute l’actualité française et internationale m’intéresse, ainsi que les gens qui marquent leur époque, tous domaines confondus.
Je m’efforce de communiquer l’émotion et l’information sans agresser le lecteur et restituer la condition de la victime sans trahir la réalité perçue et sans complaisance avec la sensiblerie qui m’exaspère. Lorsque c’est possible, j’essaye de suggérer plutôt que d’exhiber. J’essaye de restituer la juste perception de la réalité que je subis en même temps que je la découvre avec les acteurs : victimes, bourreaux et témoins. Même si je sais que mon travail est utile et nécessaire, je le fais égoïstement d’abord pour moi : je suis obsédé par la compréhension de mon époque et par l’inguérissable archaïsme des comportements humains…”

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