Artiste: Jia Jun-Li, statuettes de la collection de Patrice Fava
Du 7 au 31 mai 2010
Jia Juanli
Pointer la condition féminine en empruntant les archétypes de la tradition impériale chinoise. Dans leurs atours, les femmes sont réduites à l’état de poupée, où seule une certaine sensualité esthétique reste apparente, où les personnages comme en lévitation se déplacent, noyés dans un silence perpétuel.
L’écart subtil, entre d’une part : un monde réglé, policé à l’extrême, proche de l’idée d’un paradis et d’autre part : la réalité de la condition de ces femmes, nous entraîne du crissement des soies aux crissement parfois de dents de cette même condition féminine plusieurs siècles après.
Qu’en est-il?
Jia Juanli, avec un savoir raffiné de la touche de couleur, de la mise en scène, du jeu des parois coulissantes, s’ouvrant sur des intérieurs, des jardins, crée un jeu subtil de mises en abîme, du rendu des étoffes. Univers proche comme le décrit Jia Juanli de «songes conscient».
Jian Juanli avec cet art si subtil, nous invite comme le chapelier de Lewis Caroll dans Alice aux pays des merveilles dans un monde que nous devons lire toujours dans un miroir pour savoir si rien ne se cache réellement derrière.
.
Statuettes du Hunan, collection Patrice Fava
..Il revient à Patrice Fava, cinéaste ethnologue et collectionneur, le mérite d’avoir patiemment constitué dès les années 1990 une collection de statuettes provenant du Hunan. Cette collection, toujours ouverte mais que des raisons d’ordre pratique nous ont amené à clore, comprend 909 pièces qui ont été acquises pour la majorité d’entre elles sur les marchés d’antiquité de Pékin.
Cette provenance, en dehors du fait que ces objets de culte sont décontextualisés, a certes parfois induit des manipulations à visée lucrative de la part des vendeurs (restauration grossière, interversion de statues et de certificats de consécration), ne laisse cependant aucun doute quant à l’authenticité des pièces. Même si elles ne représentent pas l’ensemble de la production du Hunan, elles sont d’une richesse incomparable d’un point de vue documentaire : pas moins de 90% d’entre elles contiennent des certificats de consécration, ce qui a permis de les distinguer en catégories, dont le seul but est de donner un aperçu des cultes rendus et non de présenter l’hagiographie des personnages statufiés.
Trois catégories peuvent donc être retenues : les statuettes des divinités d’ordre national, des divinités locales, des ancêtres et des maîtres…